La deuxième manière de se défendre en cas de crise, est de se renforcer à
l’intérieur, et non uniquement à la frontière. Le sociologue anglais Davis MARTIN avait révélé à quel point les périodes d’incertitude conduisent des personnes à se plonger dans l’intégrisme pour défendre leur identité.
Cela consiste à revenir aux fondamentaux et à renforcer les idéologies, à durcir la doctrine, à mettre en place une uniformité de pensée et de conviction qui nous rendra assez fort pour ne laisser aucune prise : détenir la VERITE contre les incertitudes du lendemain, voila l’espoir que nourrissent les intégristes.
Abraham, fort heureusement pour son fils Isaac, n’est pas devenu intégriste, sans quoi il n’aurait pas écouté le messager divin lui demandant d’épargner son fils qu’il aurait sacrifié comme un bon intégriste qui fait toujours la volonté de Dieu, que Dieu le veuille ou non !
L’intégriste considère que l’important est de conserver l’idéologie, que la foi est d’avoir le bon discours sur Dieu.
A l’intégriste Jacques rétorque : « Tu crois qu’il y a un seul Dieu (ce qui est à la base de tout catéchisme), d’accord, mais les démons le croient aussi…et ils frissonnent. »
Autrement dit, tu peux être un catéchumène qui sait tout de Calvin et de Martin Luther King, si tu te contentes de cela, tu ne vaux pas mieux que les démons qui en savent un rayon en théologie.
Pour nous résumer : on peut se penser croyant à l’image d’une vitre qui établit une séparation et une protection avec l’extérieur. On se barricade dans une haute citadelle.
On peut se penser croyant en se remplissant d’un savoir pur jus, en se remplissant d’une idéologie qui nous donne une contenance.
Mais pour cette vitre, tout est terminé : fin de l’histoire. Plus rien ne bouge. Tout est mort. Dans quelques jours, cela commencera à moisir !
Michel DESIAGE-URBAIN
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