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Église Protestante Unie Manche Sud

Blog d'actualités des églises de la Manche (Sud) Saint-Lô | Granville | Agon-Coutainville Suivez-nous également sur Facebook !

Culte Granville, 8 juillet 2018, la paille et la poutre

Publié le 11 Juillet 2018 par Association cultuelle de l'Eglise protestante unie de Saint Lô-Manche Sud. in culte, la paille et la poutre

Ce dimanche 8 juillet 2018, Lydie anime le culte au temple de Granville.

Le texte biblique lu était tiré de Matthieu, chapitre 7

Voici le texte de la prédication de Lydie:

Dans nos calendriers de lectures du jour, il y a, quelquefois, une manière d’esquiver certains textes, qui me dérange et notamment : ce passage de « la paille et la poutre « 
Ce verset n’est pas lu, tant chez Matthieu que chez Luc, dans les calendriers des deux dernières années…
Pourquoi donc ? Je n’en sais rien… Peut-être prenons  nous souvent, les passages qui nous arrangent : c’est pourquoi j’ai choisi, exceptionnellement, de vous lire le chapitre 7 de Matthieu en entier.
Il y a un intérêt  central que moi je trouve à ce texte : ce verset est fascinant par sa simplicité et par la vérité profonde contenue en lui.
Il nous est si facile de dénigrer autrui quand il nous est si difficile de supporter la moindre critique.
Et c’est là une vérité essentielle : comme nous jugeons nous serons jugés, comme nous pardonnons nous serons pardonnés…

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Tout ce que je vous ai lu conclue le sermon sur la montagne. Ce sermon du Christ, le plus long que nous ayons, commence par les béatitudes, mais finit par nous instruire sur les critères par lesquels nous serons sauvés.
Mais bon, là encore, c’est loin de nos critères habituels de salut. De plus en plus souvent la théologie protestante, centrée sur la grâce, dérive vers une théologie confessante :
-          il suffit de confesser Christ comme Seigneur pour être sauvé
-          je ne peux me sauver moi-même par mes actes, donc seul le Christ peut me sauver
-          Christ est le chemin, la vérité, la vie, du coup, en le confessant, je suis certain de prendre le bon chemin.

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En étant chrétien, je suis assuré de mon salut.
Et cela nous conduit vite à dire que par contre, les non chrétiens, eux, n’auraient donc aucun moyen d’être sauvés, puisqu’ils ne suivent pas le bon chemin…
Ca serait bien facile comme salut, vous ne trouvez pas ? En plus c’est génial : nous chrétiens avons nos places réservées, les autres, tant pis pour eux…
C’est une image de Dieu qui m’a toujours dérangée : Dieu voudrait juste qu’on le loue et qu’on le prie, il n’aurait créé l’homme que pour ça, et seuls ceux qui le prient sans cesse seraient récompensés et auraient accès à son royaume…
Ce texte nous rappelle que : ce ne sont pas ceux qui crient » Seigneur, Seigneur… » que Christ reconnaîtra. Il reconnaîtra ceux qui ont mis en pratique son enseignement.
Et quel enseignement ? Celui qu’il donne tout au long du sermon sur la montagne, que je ne vais pas reprendre dans son intégralité, mais juste vous rappeler la fin.
Le texte précédent nous enseignait que nous n’avions pas plus que les fleurs à nous soucier du lendemain. Que nous ne devons pas nous préoccuper de notre survie, de notre confort, de notre richesse, que Dieu pourvoit à tout cela.
Nous devons donc vivre au présent et si nous devons prendre soin de nous, c’est pour mieux servir nos frères et non pas égoïstement !
Aujourd’hui, il nous dit de faire à nos frères ce que nous souhaiterions qu’ils fassent pour nous. Ainsi nous DEVONS nous préoccuper de nos frères. C’est ainsi que Jésus d’ailleurs reconnaîtra les siens quand il annonce qu’il séparera ceux qui l’ont accueilli en accueillant les plus petits, de ceux qui l’ont rejeté en rejetant leurs frères.
Il nous dit surtout aussi de ne pas juger les autres, car nous serons jugés de la même manière. J’ai toujours aimé ce texte de » la paille et de la poutre » et je m’efforce le plus souvent possible de chercher mes poutres quand je remarque trop facilement des pailles chez d’autres… mais l’exercice est difficile.
Je pense aussi que cette métaphore est valable au niveau de groupes sociaux, culturels, religieux … En effet, au cours de son ministère, jamais Jésus ne critique les autres peuples ou les autres religions que la sienne, jamais il ne va chercher la paille dans l’œil des égyptiens, des romains, des perses, au contraire, il donne l’exemple du » bon samaritain «
( Les samaritains étaient mal vus des juifs )pour contrer les scribes et les pharisiens qui étaient » les plus purs «  de son peuple…

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Et pourtant dans notre monde, j’ai l’impression, que nous passons notre temps , à chercher des paillettes dans les yeux des étrangers, des autres religions, sans jamais tolérer la moindre critique sur notre peuple ou notre foi…Etrange comme souvent les paroles bibliques gardent toute leur pertinence au cours des siècles…
Le discours politique cherche souvent des boucs émissaires chez nos frères d’autres traditions, sans jamais s’attaquer aux maux de notre société provoqués par les bons français chrétiens de souche.
Je l’ai dit, j’aime beaucoup cette parole du Christ, mais je ne peux que trouver ça triste qu’elle reste si actuelle…

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Et c’est peut-être pour ces quelques raisons que ce texte est si habilement esquivé, dans les calendriers de lecture : il dit le contraire  de ce à quoi nous habitue notre monde. Il dit le contraire de ce que certains théologiens protestants  voudraient entendre la bible dire, en annonçant le salut par la foi, le salut à ceux qui disent : «  Seigneur, Seigneur… », le salut à ceux qui se croient » amis » du Christ. Ils appliquent au royaume de Dieu ce qu’ils voient de notre monde. Ce ne sont pas toujours ceux qui méritent le plus qui gravissent les échelons dans les entreprises ou en politique, mais souvent ceux qui «  font amis » avec leurs chefs. Ce ne sont pas  toujours ceux qui réussissent par eux- mêmes, qui sont admirés et observés, mais ceux qui dénoncent à leurs supérieurs, toutes les pailles qu’ils remarquent chez les autres. Et certains vont pratiquer cela, en religion, en critiquant les autres confessions ou les autres religions, dans leurs sermons ou dans leurs prières, espérant ainsi attirer sur eux, la reconnaissance…( n’est ce pas faire preuve d’orgueil ?)

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Et quand c’est Jésus qui nous dit que nous serons jugés comme nous jugeons, que nous serons sauvés, parce que nous aurons su faire, pour nos frères, tout ce dont ils auraient pu avoir besoin, que nous serons accueillis parce que nous avons su accueillir, alors là, Jésus dit tellement le contraire de notre théologie qu’il vaut mieux , oublier ce passage et passer au suivant…

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 Alors, si nous ne voulons pas être jugés, ne jugeons pas nous-mêmes ( c’est d’ailleurs la première de nos fautes que d’avoir voulu accéder à notre propre connaissance du bien et du mal : c’est dés le début de la Genèse) et si nous voulons être vraiment de dignes serviteurs du Christ, ne crions pas son nom à tout bout de champs, mais tournons nous vers nos frères et aimons les, sans condition, tels qu’ils sont : comme Christ nous en a donné l’exemple !

 
Amen
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