2 Le récit de la Pentecôte ou l’anti-Babel.
A la Pentecôte on a aussi une totalité comme dans la Genèse, mais ce n’est plus la totalité de l’humanité, mais la totalité des disciples. Ceux qui ont traversé l’épreuve du jugement de leur maître , de la passion, de la mort de Jésus. Cinquante jours se sont passés. L’Ascension leur a appris à vivre sans lui. Et puis soudain s’est passée quelque chose, un vrai séisme intérieur. Celui-ci est décrit comme un déplacement d’air violent, comme il s’en produit dans les orages ou le passage d’un avion à réaction.
Le miracle est sonore, le miracle est celui des langues. Des langues qui s’enflamment, des langues qui se délient. La diversité des langues, la confusion-c’est le sens de Babel- devient ici une opportunité, l’opportunité d’exprimer la diversité humaine représentée ici par l’oikoumène, le monde connu de l’espace perse à Rome, l’Egypte et l’Asie-entendez ici l’Asie mineure. Le miracle des langues ici ce n’est pas d’inventer je ne sais quel sabir au service d’un projet totalitaire. Seul est qualifié de grand ce qui relève de Dieu dans le texte. Notez bien que chacun entend ici la bonne nouvelle dans sa propre langue Nous croyons en Dieu, nous croyons que Dieu nous parle. Eh bien il nous parle dans la diversité linguistique du monde, et par elle, dans la diversité des intelligences, des approches, des cultures, des personnalités. Oui, nous devons aller rencontrer nos frères dans leur langue. Oui la Pentecôte est un Anti Babel. là-bas il dispersait ceux qui étaient dans un projet d’uniformisation. Ici il bénit ceux qui sont dans la diversité.
Denis Prizé.
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