וַיֹּ֤אמֶר יְהוָה֙ אֶל־ מֹשֶׁ֔ה אֱמֹ֥ר אֶל־ הַכֹּהֲנִ֖ים בְּנֵ֣י אַהֲרֹ֑ן וְאָמַרְתָּ֣ אֲלֵהֶ֔ם לְנֶ֥פֶשׁ לֹֽא־ יִטַּמָּ֖א בְּעַמָּֽיו׃
"Le SEIGNEUR- YHWH - dit à Moïse: 'Adresse-toi aux prêtres, fils d'Aaron; tu leur diras: Qu'il (le prêtre) ne se rende pas impur pour un mort de sa parenté" Lévitique 21:1
Il fait froid à St Lô. 4 à 5°. Nous sommes encore en hiver et nous attendons le printemps, nous sommes en carême, interpellés comme les disciples par la mort du christ... Comme ceux qui ont écrit la loi de sainteté du Lévitique, nous avons le pressentiment que Dieu n'est pas du côté de la mort, que son culte est celui des vivants.
C'est le VIVANT par excellence qui parle ici (verset 1), l'ETERNEL cher à notre bible Segond.
La parole s'adresse aux Cohanim, les prêtres, les desservants. Ils sont "des fils de",engendrés, venus à la vie grâce à Aaron, l'interprête (de Moïse) et premier prêtre. Je note cette parenté à tous les sens du terme entre le prêtre-sacrificateur et le prêtre-porteur d'une parole.
Le commandement concerne la pureté, c'est à dire l'état indispensable pour approcher Yahweh. La pureté n'est pas affaire de morale, mais d'état cultuel.
Au delà de la répulsion d'ordre anthropologique qu'inspire le cadavre, le code de sainteté, énonce que le contact de la mort est incompatible avec le lien avec le Dieu VIVANT "Je suis celui qui EST".
Dans cette loi, l'impureté est permise quand le mort est quelqu'un de sa parenté, littéralement de "sa chair"- par une solidarité de la chair et du... sang dans cette symbolique sang-vie-souffle-. Ainsi le prêtre pouvait se rendre temporairement impur pour sa mère, son père, son fils, sa fille (verset 2). A noter deux choses: dans cette logique, l'épouse ou les épouses ne participent pas de cette solidarité du sang, de même que la soeur mariée qui passe à une autre solidarité de sang(verset 3), dans un système évidemment patriarcal (verset 4).
D'un point de vue prophétique, on peut remarquer que le mort est de façon paradoxale désigné par l'hébreu nephesh נֶ֥פֶשׁ qui signifie le souffle, la vie. La mort est tellement tabou dans le culte du Seigneur des vivants, qu'elle n'est pas même nommée. On peut aussi espérer y voir une sur-vie. Tu n'es pas dans ta mort, car tu ES vie au delà de ta mort... Petit espoir lexical lévitique en ce début de carême!
La mort du Christ détournera tous les nouveaux prêtres, c'est à dire nous, du tabou du cadavre. Puisque le fils de Dieu est passé là, l'impureté de la mort disparaît. Reste à atteindre au delà de la pureté, la sainteté de Dieu.
Je propose comme illustration sonore, au son du Shophar, la bénédiction d'Aaron et de ses Fils toujours donnée (sans le Shophar!) dans les cultes de l'Eglise protestante unie:
"L'Eternel te bénisse, l'Eternel tourne sa face vers toi et te donne la paix".
Denis Prizé
La bénédiction d'Aaron.
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