לֹֽא־ [יִקְרְחָה כ] (יִקְרְח֤וּ ק) קָרְחָה֙ בְּרֹאשָׁ֔ם וּפְאַ֥ת זְקָנָ֖ם לֹ֣א יְגַלֵּ֑חוּ וּבִ֨בְשָׂרָ֔ם לֹ֥א יִשְׂרְט֖וּ שָׂרָֽטֶת׃
"ils ne se feront pas de tonsure sur leur tête, ils ne raseront pas le coin de leur barbe, ils ne pratiqueront pas d'incision sur leurs corps". Lévitique 21:5. Traduction Alfred Marx.
Le commandement s'adresse aux prêtres, fils d'Aaron.
Il leur est interdit de se raser les tempes, d'arrondir au rasoir leurs barbes, de s'inciser la peau.
-Alfred Marx explique que ces actes étaient liés à des rites funéraires. La mort ne doit pas porter atteinte à l'intégrité corporelle des vivants. Les cheveux coupés pouvaient servir de médium avec le monde des morts. Encore une fois le code de sainteté sépare rigoureusement la vie de la mort. Ce verset nous interroge sur nos propres pratiques de deuil, sur le sens qu'on leur donne, sur le danger de cultiver une attitude mortifère.
-Il y a aussi la volonté de se démarquer des peuples voisins. Jérémie n'évoque-t-il pas "les tempes rasées" (Jérémie 9:25) ces tribus de la péninsule arabique qui se tondaient en rond le crâne. L'interdit serait donc aussi d'ordre identitaire.
- Ne peut-on voir dans ces règles qui limitent le rasage, cette croyance dans la puissance liée aux cheveux que l'on retrouve dans la légende de Samson ? Ce souci de conserver la force et l'intégrité du corps?
Plus fondamentalement elle signifie que nous ne nous approcherions pas de Dieu seulement avec notre âme, mais que notre corps aussi serait engagé. Le grand sage juif Hillel voyait dans les soins du corps "un devoir religieux".
N'oublions pas que par notre corps, "temple" lui aussi, nous adorons Dieu et aimons notre prochain.
Denis Prizé.
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