
Culte fête de la Réformation
Ce dimanche 29 octobre à Granville, Denis anime le culte de la fête de la Reformation.
A la porte du temple, nous lisons quelques unes des thèses de Luther sur les indulgences, puis nous célébrons Dieu.
Tuba, violon, orgue et groupe choral accompagnent la louange.
Les textes lus :
Esaïe 6 : 1-8
Matthieu 10 : 26-33
Romains 3 : 21-31
Le dimanche de Quasimodo, c’est à dire le 24 avril 1515, Martin Luther moine et docteur en théologie, commence à commenter l’épître aux Romains.
L’épître aux Romains est une lettre-discours écrite par Paul entre 56 et 58 de notre ère.
Martin Luther a expliqué que par cette lettre aux Romains, il avait compris qui était Jésus-Christ. Il a écrit que l’épître aux romains est la véritable pièce maîtresse du Nouveau Testament.
Les textes de Paul sont parfois difficiles à comprendre, même pour nous qui sommes chrétiens, même pour nous qui sommes Protestants. Je vais essayer d’éclairer cette phrase qui résume toute la Réforme : « c’est la justice de Dieu par la foi en Jésus-Christ ».
la Réforme fut d’abord une réponse à cette question : Comment être juste face à Dieu ?
Déjà Esaïe s’était posé douloureusement la question huit siècles plus tôt, vers 740 av JC, l’année de la mort du roi Ozias, alors que les Assyriens menaçaient la sécurité des deux royaumes israélites. Seul dans le temple, il avait eu une vision de Dieu : des bûlants, êtres hybrides mi serpents mi oiseaux avaient crié trois fois la sainteté du SEIGNEUR. Et Esaïe avait dit « je suis perdu » car mes lèvres , expression du coeur pour les Hébreux, sont impures et le peuple, au milieu duquel je vis, a les lèvres impures.
Paul fait le même constat : « aucun être humain n’est juste » devant Dieu et devant son prochain.
Lire p 17-18 le constat que luther en 1516 fait de l’attitude des politiques et des religieux...
Quel contact pourrions-nous avoir avec Dieu ? Quelle relation pourrions-nous avoir avec Lui ?
La loi et les prophètes, c’est à dire la Torah avec toutes ses lois qui ont pour seul but d’essayer d’apprendre à aimer Dieu et son prochain, les avertissements répétés des prophètes d’Israël, sont là comme un miroir où nous voyons nos propres insuffisances.
Luther nous rappelle qu’il ne suffit pas de vouloir bien faire, pour faire le bien. Et l’expérience de chacun pour peu qu’on soit un peu lucide nous révèle combien nous sommes faibles, chacun avec ses propres faiblesses : nous confessons des péchés, dans lesquels nous retombons avec une régularité qui nous humilie et nous décourage.
La justice de Dieu ce n’est pas pour Luther un caractère de Dieu. Nous ne pouvons rien connaître de Dieu en lui même, nous ne pouvons connaître que Dieu dans sa relation à nous, aussi, nous ne pouvons rien connaître de la Justice de Dieu en elle même, d’où les incompréhensions et le trouble où nous laissent maints passages de la Bible, d’où tout ce livre de Job, la justice de Dieu est incernable en elle même, la Justice de Dieu n’est discernable qu’à l’oeuvre en nous. Pour Luther, la justice de Dieu est celle par laquelle il nous ajuste à Lui.
Et comment nous justifie-t-il ? Par la foi. Attention, il y a bien des malentendus à propos de la foi : ce n’est pas une option philosophique, penser qu’il y a quelque chose plutôt que rien, qu’il y a un Dieu. La foi n’est pas cela. La foi n’est pas non plus une assurance tout risques, d’où découlerait une vie sans obstacle, sans échec, et d’où viendrait une amélioration automatiquement morale de la vie. Luther met en garde contre bien des illusions dans ce domaine. Et la pire de ces illusions est le fanatisme : je sais qui est Dieu et les autres ne le savent pas.
La foi pour Luther est une œuvre divine, un cadeau de Dieu. c’est une confiance, malgré les doutes et les péchés, une confiance en Jésus-Christ, en cet homme qui a vécu en Palestine et est mort sur la croix le 7 avril de l’an 30. Cette confiance dit Luther, « par le gémissement de son coeur, la voix de son œuvre, le travail de son corps » jusqu’à la mort. Avoir confiance même si rien n’est jamais acquis. Ne pas compter sur sa justice, mais celle révélée en et par Jésus-Christ.
Alors quel message pour nos contemporains ?
De nos jours si on ne travaille pas, si vous on n’a pas une situation sociale on n’e
st personne. Si on gagne un peu d’argent, on n’est pas grand chose et puis il faut être toujours bien dans sa peau, bien dans corps, soigner toutes ses névroses. Si on a pas entre 25 et 45 ans en entreprise ou dans une administration, on est moins dans le coup. Il faut toujours à nouveau
batailler pour prouver qu’on existe, prouver que l’on peut faire, que
l’on peut devenir quelqu’un et le rester. Quel épuisement, quelle lassitude pour
bien des personnes.
Nos contemporains ont plus que jamais besoin de dire qu’ils existent,
qu’ils sont des personnes à part entière. C’est pourquoi
aujourd’hui, il serait bon de dénoncer, de crier à la manière de Martin
Luther la justice de Dieu par la foi seule, sans les œuvres de la loi,
Romains 3, 28.
Aux yeux de Dieu nous existons, aux yeux de Dieu nous n’
avons plus besoin de prouver, nous n’avons plus besoin de nous justifier,
simplement parce que par amour il nous a déjà accueilli, il nous a déjà
pardonné, à nous simplement de faire ce pas de la confiance envers
lui. Cet amour est si profond en Jésus Christ qu’il nous a été
également annoncé que jusque dans la mort nous ne serons pas
abandonnés.
Voilà cette bonne nouvelle qu’a fait ressurgir la Réforme protestante.
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