
Aujourd’hui est dimanche de salut dans la tradition luthérienne :Denis anime le culte à Saint-Lô
« C’est maintenant le moment favorable, c’est maintenant le jour du salut » dit l’Ecriture.
Que Dieu le Père qui nous sauve par jésus-Christ et nous donne l’Esprit Saint qui nous permet de rendre grâce de ce salut vous accueille et vous donne la paix.
L'évangile du jour est celui de la parabole des vierges sages et des vierges folles, dans le chapitre 25 de Matthieu.
Voici la prédication proposée:
Toute la prédication de Jésus est centrée sur l’annonce du Royaume, lequel est bien mystérieux. Les paraboles comme celle que nous venons de lire nous aident à en saisir un aspect.
Le royaume des cieux est comparable ici à une marche vers une rencontre. La rencontre d’un époux.
Dans la parabole ce sont dix jeunes femmes qui se mettent en route.
Elles sortent, car il nous faut toujours quitter quelque chose pour aller à la rencontre de Dieu, quitter son quotidien, ses habitudes, ses soucis, ses idolâtries, tout ce qui nous accapare et ne nous laisse pas de place pour rencontrer DIEU .
Elles sont dix : nous ne sommes jamais seuls dans cette quête de Dieu. Nous marchons comme d’autres, avec d’autres, avec beaucoup d’autres.
On part dans la foi avec ce qu’on a. Le bagage ici : ce qu’on nous a transmis-l’école de la foi comme aujourd’hui ces enfants de l’étude biblique- tout ce qui pourra nous préparer à la Rencontre…
On part avec un bagage inégal, certaines de nos jeunes filles n’ont rien que leur lampe. La lampe que symbolise-t-elle ? Plusieurs interprétations sont possibles. Risquon celle-ci : cette lampe n’est-elle pas la parole de Dieu, « Ta parole est une lampe pour mes pieds » dit un psaume. Cette parole sans quoi personne ne se mettrait en route.
Mais la parabole nous dit que certaines, qualifiées d’avisées, ont pris de l’huile, une sorte de carburant, sans quoi la lampe ne va pas éclairer longtemps. Qu’est-ce qui peut entretenir cette parole ? Dieu peut demeurer silencieux. Notre époque me rappelle parfois ce que constatait un passage de l’ancien Testament : la parole se faisait rare en ces temps là.
Comment entretenir le carburant ? Dans notre tradition chrétienne protestante, nous insistons sur cette lecture libre individuelle ou partagée des Ecritures. J’échangeais hier avec Germaine sur ce sujet. Avoir chaque jour dans son petit bagage la Bible, lire ces passages qui peuvent nous dérouter, pour bientôt nous amener sur la voix du Christ. Martin Luther disait que la Bible ne servait de rien au croyant si elle ne l’amenait pas à le conduire au Christ et à aimer son prochain. Qu’on pouvait lui citer tous les passages bibliques posssible s’ils n’annonçaient pas la bonne nouvelle de la foi en Jésus Christ sauveur,. Ils ne servaient de rien. Luther n’a pas remplacé l’autorité du pape par un pape de papier. c’est ce qui est parfois difficile à faire comprendre à d’autres frères et sœurs protestants qui prennent des passages de la Bible à la lettre sans les rattacher à l’Evangile : Christ t’a sauvé et il te demande de ne pas juger mais d’aimer ton prochain, quel qu’il soit.
l’époux tarde. Le Christ tarde. On est dans ce temps de l’attente. A chaque fois que nous célebrons la cène, nous proclamons sa mort et annonçons et attendons sa venue.
Le Christ tarde et les jeunes femmes s’endorment, toutes-avez vous remarqué?-pas seulement les avisées ! Nous avons tous et toutes tendance à nous assoupir dans nos vies spirituelles. Tant de choses peuvent nous endormir.
Un cri dans la nuit. C’est ici que le Christ vient. Au coeur de notre nuit. Sans signe annonciateur comme dans le discours du chapitre précédent.
Ce cri est une annonce : « Voici l’époux ! » Dieu en Christ se présente à nous. Le Christ est notre époux, époux de l’Église, de la communauté de ceux qui l’ont reconnu.
Ce cri est aussi un appel : « Sortez à sa rencontre ». L’Evangile du salut que nous annonçons aujourd’hui est le même que dans ce texte : il ne nous est rien demandé d’autre que de répondre oui à cet appel.
Pourtant intervient un drame ici : les lampes de certaines s’éteignent. Et les autres, comme les fourmis de la fable, ne sont pas prêteuses. Et surtout, elles éloignent leurs sœurs de la salle et de la rencontre de l’époux. A mon avis, ces jeunes femmes ne sont peut-etre pas aussi sages qu’il n’y paraît. A l’heure de la rencontre, aller ailleurs et surtout dans le commercial, ce n’est pas judicieux.
La sagesse, c'était de profiter des moments favorables pour faire réserve de cette chose essentielle qu'est l'huile de la bénédiction de Dieu et de sa parole. Car effectivement, cela se stocke. On peut mettre en réserve une ouverture à Dieu, une capacité à prier, à l'attendre, à l'aimer. On peut faire provision d'espérance, provision de bons souvenirs à condition que l'on ait pris la peine, quand ça va assez bien, de voire les signes de l'action de Dieu pour nous. On peut faire ainsi provision d'amour, de l'amour dont nous avons été aimé. Nous pouvons aussi faire provision de pardon, provision de louange dit le pasteur marc Pernot.
Mais
c’est peut-etre l’instant de la rencontre qui fait la différence. Suis-je disponible ou pas ?
Cette rencontre peut donc arriver à tout moment, notamment cette rencontre décisive que sera notre mort. La lettre aux Thessaloniciens nous rappelle ce moment dans un style apocalyptique ; la résurrection. Nous croyons-dans notre Déclaration de foi-que qu’en Jésus le Christ ressuscité, Dieu brise la puissance de la mort. Paul nous rend l’espérance. Le Christ nous attend au-delà de la mort et nous réunit à lui.
Il y a de la vierge sage et de la vierge folle en chacun de nous, évidemment, qui pourrait prétendre être à 100% sage ? Mettons, comme le propose cette parabole de Jésus que nous sommes, en étant optimistes à 60% sage et à 50% dans une recherche superficielle de Dieu.
Quel est le jugement de Dieu sur nous ? Nous savons par Jésus-Christ que, toujours, Dieu “ ouvre à celui qui frappe à la porte ” (Mt 7:8), qu'il “ ne met pas dehors quiconque vient à lui ” .(Jn 6:37) Ce n'est donc certainement pas une personne humaine tout entière que Dieu met à la porte, selon cette parabole. Ce que Dieu laisse à la porte, c'est cette part de folie, de légèreté et d'orgueil humain qui est en chacun de nous. Alors cet “ Amen, je ne vous connais pas ” de Dieu résonne comme un pardon, un cri d'amour qui ne garde pas contre nous notre mauvais côté, mais qui garde et protège notre meilleure part.
Alors veillons et faisons provision d’huile, faisons provision de sa Parole, de sa présence aujourd’hui dans nos coeurs.
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