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Église Protestante Unie Manche Sud

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Ascension 2014: Jésus fait-il encore des miracles?

Publié le 30 Mai 2014 par Association cultuelle de l'Eglise protestante unie de Saint Lô-Manche Sud. in culte

Ascension 2014: Jésus fait-il encore des miracles?

Ascension 2014 : Jésus fait-il encore des miracles ?

Denis propose cette prédication cette veille d’Ascension à Granville à propos du passage biblique :

Actes 5 : 12-16

Prédication :

Jesus fait-il encore des miracles ? C’est le sujet de la méditation qui est proposé cette semaine dans notre Eglise. Les miracles sont très présents dans la Bible, dans l’Ancien comme dans le Nouveau Testament. Ils ne semblent pas poser de problèmes à ceux qui ont écrit ces textes. Il n’en est pas de même aujourd’hui. Notre esprit cartésien est exigeant et face aux miracles, particulièrement dans notre Eglise protestante, nous sommes prudents, pour ne pas dire méfiants. Et souvent à juste titre.

Lisons ce passage des Actes 5 où les miracles surabondent. C’est un texte écrit probablement par un auteur anonyme qu’on identifie à Luc il a été composé sans doute après 80 de notre ère. Il évoque la toute première communauté chrétienne.

Jésus n’est plus là corporellement. Il est mort. Des témoins ont eu la révélation de sa résurrection. La première communauté chrétienne y croit. Jésus est entré dans une autre dimension. C’est ce que nous appelons l’Ascension.

Le texte nous dit que beaucoup de signes et de prodiges s’accomplissaient. Arrêtons-nous sur ces mots. Le premier mot : des signes : séméia. le miracle ne doit-il pas être perçu comme un signifiant renvoyant à un signifié. Il est signe et direction pour attirer l’attention vers une signification autre. Le miracle biblique ne saurait donc être identifié au sensé. Tout comme le rêve (qui échappe à la logique ordinaire) il renvoie à son interprétation, le miracle n’aurait de sens qu’à travers le message qu’il délivre. Alors signe de quoi ? On verra.

Le deuxième mot utilisé est terata : des prodiges, ce qui est mot à mot mis en avant, qui échappe à l’ordinaire, et qui provoque l’étonnement : le miracle.

Ces signes et prodiges sont nombreux. Il y a comme une surabondance de miracles dans ce texte qui nous étonne et peut-être nous inquiète, en tout cas nous interroge ; et c’est très bien ; si le miracle est signe, alors la signification de ce texte est importante. Ces miracles sont démultipliés, sont démocratisés : ils s’observent dans le peuple. Mais cette surabondance de miracles passe par la main des apôtres, c'est-à-dire des envoyés. Les miracles sont signes qui renvoient à un autre, Jésus Christ. Il n’est plus là et il se passe encore beaucoup de choses en son nom. C’est là le miracle le plus étonnant. On le vit encore aujourd’hui. Que la prédication d’un obscur prophète de Gallilée nous rassemble encore ce soir à Granville le 28 mai 2014. Un miracle en cache un autre : les apôtres sont d’un commun accord. Aux amis tout est commun dit Aristote. A ces disciples l’Evangile est leur communauté. Quel prodige si on y pense, eux qui s’étaient tous dispersés au moment de la mort de leur maître ! Tous sous le portique de Salomon, la figure de la tradition juive. Observons cette harmonie des disciples entre eux et avec la tradition juive. Elle ne va pas durer. Les miracles, ce n’est pas l’ordinaire de la vie, ni de nos vies, ni de celle de l’Eglise. D’ailleurs cette harmonie tient à distance les autres personnes, les rend inaccessibles. Il y a un degré d’admiration qui vous coupe de l’autre. Pourtant le plus grand de tous les hommes, et le plus humble, le fils de Dieu Seigneur attire les foules de tous les genres, hommes comme femmes dit le texte. Dieu a vocation à réunir l’humanité dans toutes ses composantes. Le miracle est signe d’une restauration et d’une recomposition, d’une réunion universelle.

Dans la suite du récit les miracles, signes et prodiges se déclinent en guérisons multiples. Il faut bien se replacer dans le contexte où ce récit a été écrit, qui est le contexte de l’Antiquité en général où être guérisseur comme Jésus comme les apôtres est une activité commune, dans une société où la frontière entre le médical et le magique n’est pas encore tracée. Le miracle ne va pas sans excès, et la superstition est ici aussi dans ce texte, quand les malades espèrent être guéris au passage de l’ombre de Pierre. Des protestants soulèvent les sourcils.

Le miracle pourtant existe ; il est le signe de la résurrection du christ, la révélation de Dieu en ce monde. Pourquoi lire ce soir tout ce récit de miracles de la première Eglise ?. Jésus avait soigné le corps de malades dans le passé ; mais aujourd’hui encore, ceux qui ont écrit le nouveau Testament croyaient que Dieu pouvait restaurer l’intégrité physique des croyants qui le lui demandaient même si leur motivation n’était pas claire ni exempte de superstitions. Le récit d’un miracle est toujours une interprétation de ce qui s’est passé. Ma mère qui est beaucoup mieux aujourd’hui et qui semblait condamné à mourir en janvier. Quelle est la part des soins des médecins, de sa propre volonté ou des prières que vous avez faites ? Où Dieu passe-t-il dans nos vies ? Quelle est ma capacité à voir des miracles ? Notre foi n’est pas une magie blanche, mais souvenons nous du pasteur Boucaumont et de son ministère de guérison.

Prions Dieu avec confiance pour qu’au nom de jésus des miracles, signes et prodiges se fassent dans notre peuple autour de l’Eglise. Dire d’une guérison qu’elle est signe du Royaume, c’est affirmer que la souffrance, concrétisation ordinaire du mal dans la vie humaine, n’est pas de l’ordre de la fatalité. Dieu lutte avec le malade contre la force de dé-création qui se cache derrière la perturbation du corps, Dieu lutte avec le mourant pour le grand passage qu’est la mort. Prions les uns pour les autres et que ces signes ne soient que les signes de la gloire de Dieu.

Amen.

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