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Église Protestante Unie Manche Sud

Blog d'actualités des églises de la Manche (Sud) Saint-Lô | Granville | Agon-Coutainville Suivez-nous également sur Facebook !

Quel patrimoine avons-nous ?

Publié le 15 Septembre 2013 par Association cultuelle de l'Eglise protestante unie de Saint Lô-Manche Sud. in culte

Quel patrimoine avons-nous ?

Avons-nous un patrimoine, nous Chrétiens protestants de la Manche ?

La question pourrait s’entendre comme une provocation, alors que cet après-midi même et demain après-midi le temple de Saint-Lô est ouvert aux visiteurs, un des sites des journées européennes du patrimoine, alors même qu’une randonnée patrimoine est annoncée au Chefresne.

Qu’est-ce que le patrimoine ? Le patrimoine désigne étymologiquement les biens hérités du père (le patrimonium). Dans nos sociétés il signifie l’héritage commun que nous conservons et transmettons aux générations futures. Ce patrimoine est matériel fait de monuments, de musées, d’usines, de paysages. Il est aussi immatériel : traditions, langue, musique… Les journées du patrimoine sont une initiative du ministre de la culture Jack Lang en 1984, reprise et élargie par le conseil de l’Europe en 1991.

Que nous dit Dieu à travers la Bible du patrimoine ? En quoi le livre d’Ezéchiel peut-il nous faire réfléchir sur le patrimoine ?

  1. Un patrimoine fragile

Le rédacteur du livre d’Ezéchiel est un prêtre en exil à Babylone, après la chute de Jérusalem en 587 av JC. Ezéchiel et ses contemporains ont vu leur patrimoine détruit, ce qui leur était le plus cher (la ville de Jérusalem saccagée), le plus sacré( le temple a été brûlé) lire 2 Rois 25 : 8-10. Une partie de la population a été déportée et n’a même plus de pays. En 573 av Jc, date probable de ces visions, le patrimoine matériel d’Ezéchiel est quasi nul.

La Bible nous enseigne d’abord cette fragilité, cette relativité du patrimoine. Rappelons-nous les paroles agassées du Christ face à ses disciples en admiration devant les pierres du temple d’Hérode : « Ce que vous contemplez, des jours vont venir où il n’en restera pas pierre sur pierre : tout sera détruit » Luc 21 :6

Nous ne devrions-il me semble- jamais oublier cette fragilité, cette relativité de nos patrimoines terrestres, y compris de nos temples qui occupent beaucoup de nos soucis d’Eglise : les travaux des temples d’Agon Coutainville, de Granville, de Saint-Lô. L’avenir des petits temples de Carteret ou de Jullouville . Le grand temple du Chefresne est un bon exemple de cette fragilité…

Si ce patrimoine est relatif, qu’est ce qui reste d’essentiel ?

  1. Un patrimoine partagé.

Avez-vous remarqué que dans la ville nouvelle que voit Ezéchiel chacun a sa porte ? Chaque tribu d’Israël a sa porte. Une ville, un patrimoine à 12 portes. Le patrimoine du Royaume et celui de l’Eglise se doit d’être un patrimoine partagé où chaque membre de l’Eglise doit se reconnaître. Notre patrimoine protestant matériel : temples de pierre, annexes des temples, lieux de souvenir, ou ce patrimoine immatériel : nos chants, notre musique, notre site internet… Tout ceci doit être approprié par chacune, chacun, sinon ce ne sont que des pierres mortes. L’Eglise veut dire assemblée, chacun doit s’y sentir chez lui. La ville est largement ouverte sur l’extérieur. Notre patrimoine protestant ne doit en aucun cas être un patrimoine communautariste appartenant à 1 million de protestants repliés sur eux-mêmes. Notre patrimoine doit être ouvert aux autres, d’abord à nos autres frères et sœurs chrétiens, à des Chrétiens d’autres cultures, aux non-Chrétiens. Pas une porte ouverte, mais des portes ouvertes sur le monde.

  1. Un patrimoine habité

וְשֵׁם־הָעִיר et le nom de la ville

מִיּוֹם du jour

יְהוָה YHWH

השָׁמָּ là

Le livre d’Ezéchiel donne un nom à la ville nouvelle. Et donner un nom, c’est dans la culture sémitique de la Bible, donner une identité. L’identité, le sens théologique du patrimoine est peut-être ce lieu de la présence divine. Le patrimoine n’a de valeur dans la Bible que s’il est habité de la présence de Dieu. Or Dieu peut être partout, si sa Parole est transmise. Ezéchiel n’a plus de maison, de temple, de pays, mais il a la Parole de Dieu. Nous devons, nous Protestants, transmettre cette parole, attestée dans la Bible. Il nous faut réfléchir sur notre patrimoine à la lumière de cette parole. Ce qui est le plus important de notre patrimoine protestant-mais il nous est commun avec toute personne qui sait lire ou écouter- c’est la Bible. En relisant un passage du journal de Julien Green de 1972, je lisais avec étonnement que l’écrivain avait eu la visite d’un Irlandais qui disait : « En Irlande, nous ne lisons jamais la Bible ». Autre sujet d’étonnement : dans un sondage récent, de 2011 fait par l’IFOP auprès de 702 personnes d’origine protestante en France, 34% seulement disaient la lire une fois par semaine. Pourtant ce patrimoine est le plus précieux de tous. Alors un petit effort, ouvrons au moins une fois par jour nos bibles. Prenons le pain quotidien ou Parole pour tous, ou notre site paroissial « egliseprotestanteuniemanchesud » ou autre… alors tous nos autres patrimoines seront habités de l’Esprit et nous pourrons dire : « Le SEIGNEUR est là »

A Dieu seul la gloire.

Prédicateur Denis Prizé.

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