J'ouvre pour la première fois le livre des psaumes...
(Successivement lus dans la traduction TOB, puis dans celle de Chouraqui)
Tiens ! Ce langage m'est familier... Comme un chant lointain que je reconnais... Par de là moi- même et en moi : celui des émerveillements, de la reconnaissance, du pardon aussi... Comme une intimité partagée... existentielle... avec le peuple du Temple et celui de la Synagogue, avec la silencieuse famille des monastères... voire avec l'Eglise. Un chant de retrouvaille... de recommencement... de renaissance qu'habite l'ordre du monde (Logos).
Mais quel tohu-bohu de cris, d'acclamations, de louanges et d'appels... Une vraie "manif" ! Et quelle surabondance d'émotions exprimées ! ... Les psaumes ? D'abord une "prise de son" au coeur d'une foule exaltée, avant de devenir un texte intime !
C'est alors que je découvre, qu'il est nécessaire de reprendre son souffle après chaque vers; de prendre un temps de recul pour que se décantent les mots... Pour que le bruit du torrent devienne battements de coeur. "Pause" " Selah ".
Mais oui ! Le rythme habituellement binaire des versets, c'est celui du coeur !
D'abord un appel... et la phrase reste en "suspend"... Puis un "répond" où l'on redit la même chose dans une forme nouvelle. Il s'agit de la même idée scandée deux fois. Le deuxième membre du verset n'explicite pas; n'apporte pas un complément d'information; ne parle pas de cause et d'effet; ne rationalise pas, mais affirme, témoigne, interpelle ! C'est un peuple qui s'exclame, loue, crie, pleure. C'est un peuple réaliste qui peste contre la faim, l'oppression, la violence. Il proclame plutôt qu'il n'exprime des souhaits. Il scande par deux fois la même idée dans une sorte de résonance affective et poétique. Plus tard, les rabbis, les théologiens et les exégètes durent-ils sans doute raccorder les vers avec des : "Car, Et, Alors, Sinon, Mais, Comment, etc."
Louis, groupe biblique oecuménique de Granville.
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