"N'y a-t-il que peu de gens qui seront sauvés?" εἰ ὀλίγοι οἱ σῳζόμενοι;
La question de l'anonyme à Jésus a occupé beaucoup les esprits autant dans le judaïsme que dans le christianisme.
Dans la péricope 13,22-30, Luc réunit ici ce que Matthieu a dispersé en quatre endroits de son Evangile. Luc est vraiment un écrivain-le "Proust" du Nouveau Testament (Jean-Marie) qui recompose une histoire, retrouve le temps perdu de la marche vers Jérusalem.
"Peu de gens sauvés?" Comme la réponse de Jésus le laisse à entendre, ce qui inquiète l'auditeur anonyme de Jésus n'est pas la question objective du nombre (Combien?) mais son souci subjectif (et moi?).
Cyrille d'Alexandrie (376-444) constate (Sermon 99) que le Christ ne répond pas à la question: "Telle est la méthode du Seigneur de ne dire que ce qui est utile à l'auditeur".
Oui, la seule question qui vaille n'est pas de savoir qui va rentrer mais comment rentrer. Jésus transporte l'interrogation de l'ordre du statique (combien de sauvés?) à une un ordre dynamique (entrez )
Et si on n'y parvient pas? A cette question angoissée, L'Ecriture dit par ailleurs que le fils de l'homme est venu sauver ceux qui étaient perdus.
Il faudra revenir devant cette petite porte.
Denis Prizé.
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