On voit parfois des renards errer dans les rues de Berlin ou de... Jullouville. Je ne sais où ces goupils ont leurs terriers.
"Les renards ont des tanières.... le fils de l'homme n'a pas où reposer la tête".
Cette parole, un logion, que l'on retrouve mot pour mot dans l'Evangile de Matthieu (VIII,19) décrit en parallèle la situation des renards (et des oiseaux) et celle du fils de l'homme.
Quelqu'un venait de dire: "Je te suivrai où que tu ailles". Cri du coeur, dans l'enthousiasme du moment, mais engagement un peu rapide, que Jésus tempère.
Jésus se désigne comme le fils de l'homme (bar nasha en araméen). A trop voir en lui le fils de Dieu, on en oublierait sa profonde humanité. Le Christ est par excellence le fils de l'humanité, un homme totalement accompli. Le bibliste André Paul fait remarquer cependant que dans le contexte des écrits sémitiques apocalyptiques l'expression fils de l'homme renvoie aussi à un être sinon divin du moins transcendant, au messie!
Le chemin de Jésus est libre comme celui de l'oiseau qui fend l'air, ou du renard que nul ne saurait contraindre.
Mais cette liberté, plus encore que pour ces animaux sauvages, est risquée. Le Christ ne nous promet pas un terrier où nous réfugier à l'écart du monde, encore moins l'illusoire sécurité d'un ashram d'une secte. Suivre le Christ, c'est accepter de prendre un itinéraire dont les stations peuvent être inattendues et aussi peu confortables que le chevet de Jacob.
Ce chemin plein de surprises, moins balisé que celui d'un renard, ne serait-ce pas celui de la foi?
Denis Prizé.
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