Nicole et Adolphe ont présidé le culte de Pâques de l'Eglise protestante unie à Saint-Lô.
"La grâce et la paix vous sont données de la part
de Dieu notre Père et de Jésus-Christ notre Sauveur."
PRIERE :
Père, tu bénis ce temps de culte.
Donne-nous de nous réjouir de ta présence parmi nous,
d’être disponible à l’Evangile, d’accueillir ton Saint-Esprit
et de rencontrer Jésus-Christ...
Lecture de l'Evangile selon Jean 20:1-8
La prédication était de Françoise Sternberger
C’est un récit tout en émotion que nous fait entendre l’évangile de Jean.
Émotion des disciples qui courent vers le tombeau, qui mettent toute leur énergie dans cette course vers l’impensable, l’inimaginable.
Émotion de Marie Madeleine, qui court au devant des hommes, perdue, dans le désarroi, Madeleine pleure. De là viendra l’expression "pleurer comme une madeleine", c’est-à-dire pleurer de tout son corps, de tout son être. Marie toute en larmes n’est plus qu’émotion.
C’est un récit tout en émotion que nous fait entendre l’évangile de Jean, son évangile de la résurrection. Mais dans ce récit du matin de Pâques il y a de la place aussi pour la raison, la recherche de sens, l’observation. Le temps de voir et de regarder ce tombeau vide et ce mystère de la résurrection..
C’est le rôle de Pierre, le premier des disciples.
C’est un récit tout en émotion que nous fait entendre l’évangile de Jean, son évangile de la résurrection, un récit empreint de raison mais encore un récit de confiance. Il vit et il crut. Et c’est le rôle de l’autre disciple, le bien aimé. . De bon matin, à l’aube, une femme et deux hommes courent vers un tombeau vide, vers un espoir, une espérance. Une femme, deux hommes, en course, cela n’est pas sans nous évoquer une certaine actualité ! Ni nous poser une vraie question : vers quoi courent-ils aujourd’hui, nos hommes et nos femmes politiques ? Et nous aussi dans ce monde qui va si vite, où courons-nous ? Pourquoi allons-nous si vite ? Vers quoi ?
Marie-Madeleine, Pierre et l’autre disciple, sont les témoins d’une Bonne Nouvelle qui est arrivée jusqu’à nous aujourd’hui encore. Et nous rassemble en ce jour. Ils sont trois témoins différents, avec trois façons de voir ce tombeau vide et de croire.
Ce que je voudrais juste reprendre maintenant. Avec toujours cette question : Qu’est-ce qui nous fait courir ? Et pour quel témoignage ?
1. Commençons par Pierre, le premier des disciples, celui qui observe plus qu’il ne voit. Il regarde le premier à l’intérieur du tombeau et il observe que l’on n’a pas pu emporter le corps dans un autre tombeau car le linceul et les bandelettes restent là. Où peut-être Jésus ? Comment peut-il être ? Pierre retourne chez lui avec ses questions, sa recherche. Peut-être pour relire les Écritures ? A Pierre l’homme de raison, on pourrait dire déjà l’homme d’institution, Jésus parlera quelques jours plus tard et par trois fois il lui demandera : M’aimes-tu ? Comme pour l’ouvrir enfin au champ des émotions.
2. Marie-Madeleine, était restée au tombeau trop émue pour quitter ce lieu, lieu de mémoire. Comme tétanisée. A travers ses pleurs, elle sera pourtant la première à apercevoir le Christ Ressuscité qui se montrera à elle ce même jour .
Elle le voit de ses yeux mais que croit-elle vraiment, Marie ?.
Toujours submergée par l’émotion, elle voudrait maintenir, retenir son maître, son Sauveur, le retenir comme avant. L’émotion nous le savons bien peut aussi aveugler. Marie-Madeleine a besoin encore d’une Parole du Christ qui la retient dans le réel, la raisonne, et la remet en route vers ses amis et sa mission qui est la sienne désormais de première prédicatrice de l’évangile de la résurrection. Marie court maintenant dire aux hommes "je l’ai vu, Il est vivant."
Chaque jour, notre foi peut ainsi être mise à rude épreuve. La raison et l’émotion entre en tension dans cette course vers le Croire au message de la résurrection.. Dans la course à la vie Marie Madeleine et Pierre, illustrent ces deux façons possibles de croire.
3. Alors le disciple bien aimé intervient comme l’homme de la troisième voie. Celle de l’abandon au mystère de la Grâce. . Il est cet autre disciple, sans autre nom que celui de "bien aimé." . Comme Marie et Pierre ce disciple court au tombeau et il voit. Il voit et il croit. Il voit et il met sa confiance en celui dont il sait qu’il l’a toujours aimé. Il voit et il sait que Jésus ne les a pas abandonnés. Il est dans la confiance et c’est une façon d’exister et de croire. Ce disciple est dans le "bon amour", ni la fusion, confusion, il est bien aimé, dans la bonne distance. Grandir dans la Foi, vivre sa foi c’est peut-être tout simplement apprendre à bien aimer et être bien aimé ; Et y trouver une source de confiance. Car Le message de Pâques est avant tout un message d’amour. Un amour qui est le but véritable de notre course, quelle que soit notre course.
Au delà même des émotions ou de la raison, la confiance doit être la plus forte et pourtant nous sommes dans l'incompréhension du comportement des contemporains de Jésus, certains ne l'ont pas cru, et c'est encore le cas aujourd'hui alors que Jésus vit encore et toujours au milieu de nous. Il est vivant et nous ne reconnaissons pas toujours le Seigneur alors qu'il est à côté de nous. Nous ne connaissons pas son apparence actuelle, ni sa voix. Et si quelqu'un dit quelque chose au nom de Jésus, même une parole que nous devrions connaître, nous ne reconnaissons pas que le Seigneur est là !
Mais alors que faire pour reconnaître son apparence actuelle et sa voix ou sa parole ? Il faut donc se fier à ses actes, oui nous reconnaissons le Seigneur à ses actes. Quand il se passe une action inspirée par le Christ, nous sentons qu'il est là. Par exemple un acte d'amour. Jean, l'évangéliste, dit dans sa 1ère lettre : " Quand nous pouvons aimer nos frères, alors nous reconnaissons que l'Esprit du Christ est en nous. " Ou quand quelqu'un est guéri au nom de Jésus : " Au nom de Jésus, lève-toi ! ". Quand quelqu'un change, et agit selon l'ordre du Christ : Christ agit en lui, et on voit le Seigneur à l'œuvre. Ou encore quand un événement, pour lequel on a prié, trouve une issue heureuse, alors on comprend que le Seigneur a agi. Le plus souvent, nous le remarquons plus tard, comme les disciples au lac de Tibériade.
Cela nous rappelle la parole de Jésus dans l'évangile de Jean : " Sans moi, vous ne pouvez rien faire. " mais nous ne le comprenons pas tout de suite : nous ne le remarquons que plus tard. Et parfois nous sommes là comme les disciples, à nous demander : " Est-ce bien le Seigneur ? ", ou bien nous n'osons pas le demander, par crainte ou par indécision.
Entrons en ce matin de Pâques dans la confiance en la vie, en l’amour de Dieu, en son éternité. Nous sommes bien aimés. Nous pouvons le voir dans tous ces petits signes de la vie, dans notre relation intime avec Dieu. Christ est ressuscité ! Alléluia !
Courrons ensemble la belle course de la vie et de l'amour !
Amen
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