Overblog Tous les blogs Top blogs Religions & Croyances
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
Publicité
Église Protestante Unie Manche Sud

Blog d'actualités des églises de la Manche (Sud) Saint-Lô | Granville | Agon-Coutainville Suivez-nous également sur Facebook !

Culte de l'avent, "Jean-Baptiste"

Publié le 11 Décembre 2013 par Association cultuelle de l'Eglise protestante unie de Saint Lô-Manche Sud. in culte

Culte de l'avent, "Jean-Baptiste"

Ce dimanche 8 décembre 2013, Michel anime le deuxième culte de l'Avent de Saint-Lô.

Lectures:

Esaïe 11:1-10

Philippiens 4: 4-9

Luc 3:7-18

Voici le texte de la prédication:

Ce temps de l’Avent nous invite à nous mettre en route, le temps de quatre dimanches, à la suite de quatre personnes : Jean-Baptiste, l’ange Gabriel, Marie et Joseph. En ce deuxième dimanche de l’Avent, je vous propose de suivre Jean-Baptiste.

« Que devons-nous donc faire ? » Les gens demandaient à Jean-Baptiste : « Que devons-nous donc faire ? ». Trois fois la même question est posée. Et Jean-Baptiste donne trois réponses selon les personnes s’adressant à lui.

A tous, il donne ce commandement de partager le surplus avec ceux qui sont dans le besoin. Rien ne sert d’accumuler au-delà de ce qui nous est nécessaire ! La solidarité entre les humains impose le partage avec ceux qui n’ont pas les moyens essentiels pour vivre, c'est-à-dire, le vêtement et la nourriture.

Puis, il s’adresse à deux catégories de personnes : les collecteurs d’impôts et les soldats. Et nous savons que même à notre époque il ne s’agit pas des personnes les plus populaires, bien au contraire.

On peut donc noter que Jean-Baptiste les accueille, pour les baptiser, comme tous les autres, sans leur demander de renoncer à leurs activités. La tentation de rejeter certaines personnes de la communauté en fonction de leurs activités, de leurs actes ou de leur sexualité, a toujours existé dans nos Eglises. Périodiquement la question est posée, par ceux qui se donnent comme les bonnes consciences dans l’Eglise, de rejeter ceux qui sont jugés défavorablement et les exclure de la communauté.

Jean-Baptiste, celui qui est pourtant le modèle de la rigueur et de l’exigence morale, Jean-Baptiste au contraire accueille tout le monde, même les plus critiqués, même les plus détestés. Les ordres qu’ils donnent aux agents de l’Etat, de la force publique, c'est-à-dire les collecteurs d’impôts et les soldats, ces ordres pourraient nous sembler d’ailleurs la moindre des choses.

Que les collecteurs d’impôts réclament plus d’argent aux contribuables que ce qui est du : « Il ne manquerait plus que cela ! » Que les soldats utilisent leurs armes pour détrousser les populations qu’ils sont sensés protéger : « Il ne manquerait plus que cela aussi ! » Que cela soit par les armes ou par des accusations mensongères. Fausses accusations, le texte grec parle littéralement pour les soldats de ne pas être des « sycophantes. » Etymologiquement, le sycophante est un découvreur de figues. Dans la langue grecque cela signifie « calomniateur professionnel ! »

La tentation d’utiliser la calomnie pour profiter de la position de faiblesse des autres n’a pas disparu. Mais au moins l’Etat de droit a permis la mise en place de collecteurs d’impôts et de soldats qui n’abusent pas trop de leur position. Cela n’est pas forcément le cas partout dans le monde. Il est des pays d’Afrique, par exemple, où il vaut mieux ne pas s’arrêter quand la police vous le demande. Ce qui n’est heureusement plus le cas généralement en France. Mais il semble bien que cela pouvait se passer à l’époque de Jean-Baptiste.

En fait, les instructions données par Jean-Baptiste peuvent se résumer à celles données de longue date par les prophètes d’Israël : pratiquer la justice.

Pratiquer la justice en partageant les surplus avec ceux qui sont dans le besoin, et en ne profitant pas d’une position de force pour voler l’autre. Pratiquer la justice, c’est respecter l’autre.

Mais le rôle de Jean-Baptiste n’est pas seulement de rappeler les exigences traditionnelles de justice. Il est aussi d’annoncer la bonne nouvelle. Jean n’est pas un prophète de malheur, menaçant les foules, mais l’annonciateur de la bonne nouvelle. La bonne nouvelle de la venue du Christ.

Le peuple attendait, plein d’espoir, chacun pensait que Jean était peut-être le Messie. Jean leur dit alors à tous : « Moi je vous baptise avec de l’eau ; mais celui qui vient est plus puissant que moi ; je ne suis pas même digne de délier la courroie de ses sandales. »

A ceux qui voyaient en lui le Christ, Jean-Baptiste répond en annonçant la venue de celui dont il ne se juge pas même digne de délier la courroie de ses sandales ! Le Christ vient. Le peuple a raison d’être plein d’espoir. La joie nous est promise !

Mais il ne faut pas se tromper sur le discours de Jean-Baptiste et sur les images qu’il utilise. Parlant du Christ il dit en effet : « Il vous baptisera avec le Saint-Esprit et avec du feu. Il tient en sa main la pelle à vanner pour séparer le grain de la paille. Il amassera le grain dans son grenier, mais il brûlera la paille dans un feu qui ne s’éteint jamais. »

Les habitudes de représenter le jugement dernier comme une séparation entre les bons qui vont au paradis et les méchants qui vont cuire dans les feux de l’enfer pourraient nous laisser penser qu’il s’agit d’une confirmation de cette vision simple et propre à faire peur aux croyants.

Dans la séparation entre le grain et la paille qui doit brûler, il n’y a pas d’un côté le confort pour les gentils et le feu pour les méchants. La meilleure preuve en est donnée par le propos de Jean-Baptiste : « Il vous baptisera avec le Saint-Esprit et avec du feu. » Le feu n’est pas ici le châtiment des méchants mais au contraire la manifestation de l’Esprit de Dieu, comme lors de la Pentecôte où l’Esprit-Saint descend sous la forme de langue de feu. Méfions nous donc des images traditionnelles !

L’intervention décisive du Christ n’est pas pour séparer les bons des méchants mais pour nous purifier de tout de qui nous encombre. Pour que nos existences deviennent véritablement conformes à l’amour que Dieu nous a manifesté et qu’il nous invite à vivre avec les autres.

Le feu dont nous parle Jean-Baptiste, ce n’est pas le feu de l’enfer. C’est le feu du baptême dans la rencontre avec le Christ. Il vous baptisera avec le Saint Esprit et avec le feu.

Le rappel des exigences traditionnelles de justice et de respect des autres, quels qu’ils soient, ce n’est pas de la morale. Partager la nourriture et les vêtements avec ceux qui sont dans le besoin et ne pas abuser au détriment de l’autre d’une position de force, ce ne sont pas de bonnes actions nécessaires à comptabiliser pour accéder au paradis, à la différence de ceux qui iraient cuire dans les feux de l’enfer.

C’est seulement la meilleure et la plus indispensable façon de se préparer à la rencontre avec le Christ. Le respect de l’homme est le préalable à la reconnaissance de la présence du Seigneur, qui s’est, lui-même, fait homme. Car Dieu est venu vers nous !

C’est la bonne nouvelle que Jean-Baptiste voulait partager avec le plus grand nombre. Et cette bonne nouvelle qui doit déterminer nos existences aujourd’hui, dans cette période de l’avent, bien sûr, mais aussi tous les jours de notre vie.

AMEN

Publicité
Publicité
Commenter cet article
Publicité