Chantal anime le culte ce matin à Saint-Lô.
Accueil :
Je vous invite à vous lever
Qui que tu sois, où que tu te trouves ;
Quelle que soit la manière dont tu es habillé(e),
Le Seigneur s'approche de toi, il veut entrer dans l'intimité de ta vie.
Quelles que soient les raisons qui te donnent envie de te cacher,
N'aie pas peur, ni honte : il te connaît car il t'a créé(e).
Il vient te revêtir de la dignité réservée aux enfants de Dieu,
Celle de son Fils Jésus Christ.
C'est en son nom que la grâce, la miséricorde et la paix te sont données
Lectures bibliques:
Genèse 2:25 à 3:7
Job 1:20-21
Marc 14:46-52
prédication:
Ces textes nous invitent donc à la découverte de notre nudité
La nudité est notre état naturel, comme dit Job :
« Nu je suis sorti du ventre de ma mère et nu j'y retournerai « .
Les jeunes enfants n'ont pas conscience de leur état. Ils peuvent se promener, comme ça sans gêne, sans honte … A quel moment prennent-ils conscience qu'il faut se couvrir, faire attention au regard des autres, car la nudité relève de notre intimité ?
Dans le récit de la Genèse, l'homme et la femme sont là, l'un devant l'autre. Ils n'ont rien à cacher.
Que se passe-t-il ? Un serpent passe par là.
Le serpent était nu, nous dit le texte hébreu. Mais on peut aussi traduire : le serpent était rusé …
Le serpent est cet animal curieux qui se faufile et change de peau, insaisissable ?
Plus tard, la tradition chrétienne occidentale dira que le serpent, c'est le diable. Mais on ne trouve cette idée nulle part dans la Genèse.
Le serpent n'est-il pas plutôt un symbole ?
Le serpent représente la bête qui se tapit dans le cœur de chacun d'entre nous, la partie animale, la partie rusée de notre nature, peut-être aussi ce qui fait de nous des être libres …
Car le serpent symbolise la possibilité de douter de la parole de Dieu :
« Dieu a-t-il réellement dit … « chuchote-t-il à la femme.
Le serpent représente la conscience de toutes les possibilités qui s'ouvrent devant nous, de la possibilité de manger de l'arbre au milieu du jardin, l'arbre de la connaissance du bien et du mal, de l'expérimentation du bonheur et du malheur.
Si nous n'exerçons pas notre liberté pour saisir ce fruit-là, nous restons des enfants, sans conscience de notre état.
Nous affirmons notre liberté souvent par la transgression, en particulier à l'adolescence, c'est une réalité de notre vie.
C'est à ce prix là que nous devenons conscients de nous-même et cette conscience est souvent douloureuse.
La femme mange du fruit défendu de l'arbre et en donne à son homme et les yeux s'ouvrent.
Ils se rendent compte qu'ils sont nus, exposés au regard l'un de l'autre.
Ils peuvent agir non pas comme Dieu veut, c'est à dire pour le bien commun, pour le bien de tous, mais en fonction de l'idée qu'ils se font de leur propre bonheur ou malheur.
Ils doivent donc se protéger, se cacher l'un de l'autre mais aussi de Dieu qui se promène dans le jardin, ce Dieu qui veut vivre en communion avec eux.
Ils commencent aussi à jouer à cache cache avec eux-mêmes.
Dieu dit à l'humain : « Qui t'a dit que tu étais nu ? Que tu devais te protéger, te cacher, te faire une armure ? «
Nous n'avons besoin de personne pour nous le dire, chacun de nous le découvre un jour au détour de la vie. Nous expérimentons le bonheur mais aussi le malheur.
Ma nudité est ma faiblesse, mon manque de moyens, cette blessure intime que je n'arrive pas à colmater, à cacher ...
Ma nudité est ce que je ne veux pas voir, mon être intime, ce que je ne veux pas que les autres voient … et c'est normal.
Pourquoi alors cette expérience est vécue comme une faute ?
La faute n'est pas dans le fait d'être nu, mais dans la volonté d'être autre chose que ce que je suis.
Dans ce récit de la Genèse, cette prise de conscience est née d'une transgression, celle de vouloir être comme des dieux.
Cette prise de conscience me pousse à vouloir couvrir ma nudité, ce qui est nécessaire pour la vie en société, mais aussi à couvrir ma faute, mon désir secret d'être autre que ce que je suis.
Et maintenant, je vais vous raconter un conte de Hans Christian Andersen que vous connaissez probablement mais la tisserande protestante que je suis ne résiste pas à l'envie de vous faire sourire sur cette autre histoire de nudité :
Voici donc : Les nouveaux vêtements de l'empereur
Il était une fois un empereur vaniteux qui aimait plus que tout les habits neufs au point d'avoir un costume pour chaque heure de chaque jour de la semaine afin de se donner aux regards admiratifs de ses sujets.
Un jour, 2 escrocs, déguisés en tailleurs, se présentent à la cour.
Ils se vantent d'avoir inventés une nouvelle méthode de tissage capable de faire un tissu tellement léger et fin qu'il paraît invisible.
Enfin, « invisible aux yeux de ceux qui ne conviennent pas à leur fonction ou qui sont parfaitement idiots. «
L'empereur est ravi et passe commande . Il se dit : « Non seulement j'aurai un vêtement extraordinaire mais j'aurai en plus le moyen de savoir lesquels de mes conseillers sont stupides et incompétents.
Je dois sur le champ me faire tisser cette étoffe « .
Les 2 vauriens installent leur métier à tisser dans le palais. Ils demandent à l'empereur de leu fournir du fil d'or et de soie de toutes les nuances de couleurs. Puis, ils font semblant de se mettre au travail.
Au bout de plusieurs jour de travail apparemment très intense, l'empereur envoie son 1er ministre pour voir comment avancent les travaux.
Le bon vieux ministre en qui le roi a toute confiance, arrive ans l'atelier de tissage où les 2 escrocs sont assis sur leur métier vide. « que Dieu me garde ! Je ne vois rien du tout ! « pense-t-il.
Les 2 vauriens lui font admirer le motif et les couleurs et l'invitent même à toucher le tissu.
Mais le 1er ministre ne voit évidemment rien du tout, puisqu'il n'y a rien. « Mon Dieu, serais-je sot ? Serais-je inapte à mon travail ? Je ne l'aurais jamais cru … Personne ne doit le savoir ! Non, il ne faut pas que je raconte que je ne peux voir l'étoffe « . Il retourne aussitôt auprès de l'empereur et lui fait l'éloge du travail des tisserands.
Les 2 vauriens continuent leur manège pendant plusieurs jours.
Ils présent le tissu à l'empereur, prennent ses mesures, font semblant de couper et de coudre, jusqu'au jour où ils demandent à l'empereur de se déshabiller pour essayer son nouveau costume.
Une fois devant le miroir, l'empereur voit avec embarras qu'il est toujours nu, mais personne à la cour ne réagit, tous sont unanimes pour dire que le vêtement est magnifique.
L'empereur accepte alors de sortir, de se promener dans la rue devant ses sujets, pour faire admirer son nouvel habit.
Et comme personne ne veut avouer sa stupidité et son incompétence, tous font semblant d'admirer le vêtement que personne ne peut voir
Tous, sauf un. Un enfant dans la foule crie : « L'empereur est nu «
Son père le réprimande mais tous ceux qui l'ont entendu répètent tout bas, puis de + en + fort : « Le garçon a raison. L'empereur est nu «
L'empereur frissonne car il lui semble bien que ce garçon a raison, mais comme il ne veut pas perdre la face, il continue sa mascarade jusqu'au bout … et le cortège poursuit sa route et les chambellans continuent de porter la traîne qui n'existe pas .
Ce conte reprend le motif familier du rêve où l'on se trouve mal habillé ou même déshabillé dans des situations où normalement on devait présenter un meilleur visage.
Dans notre société de consommation, il y a beaucoup de marchands qui voudraient nous vendre des vêtements invisibles, des produits censés nous rendre plus jeunes, plus beaux, plus séduisants.
C'est pour cela qu'on nous montre souvent des corps « parfaits « souvent dénudés.
Sans cesse, des voix séduisantes nous susurrent : « Vous pouvez être comme des dieux … sans limites, immortels, tout puissants.
Mais souvent ; la vie se charge de nous ramener à la réalité.
On peut vivre la vie des gagnants, jusqu'au jour où nous trébuchons, ou nous sommes trahis
Il y a dans la vie des événements souvent dramatiques qui nous donnent cette impression désagréable d'être à découvert.
Lorsque Jésus est arrêté, un jeune homme se trouve tout à coup dénudé. Il s'enfuit, il se cache, il a peur et il a honte …
Jésus lui-même se trouvera dévêtu, mis à nu devant une foule haineuse, avant d'être torturé et crucifié.
Jésus assume notre condition humaine. Il ne cherche pas à la fuir. Il nous ouvre un autre chemin.
Comme le jeune homme qui assiste à l'arrestation de Jésus, comme l'homme et la femme dans le jardin, nous devons apprendre à accepter notre nudité sans en avoir honte.
C'est en nous présentant devant Dieu tel que nous sommes que nous pouvons être revêtus de la dignité de l'amour de Dieu.
Dans le récit de la Genèse, c'est Dieu lui-même qui habille l'homme et la femme.
Dieu les revêt d'habits de peaux avant leur départ du jardin.
Ainsi donc je finirai par les versets 12,14 de Colossiens 3 :
« … vous qui êtes choisis par Dieu, saints et bien-aimés, revêtez-vous d'une tendresse magnanime, de bonté, d'humilité, de douceur, de patience …
Mais par-dessus tout, revêtez-vous le l'amour, qui est le lien parfait «
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