"Qui es-tu, toi, pour juger le prochain?" Jacques 4:12, traduction nouvelle TOB.
Comme nous jugeons vite notre prochain, même dans l'Eglise! Juger l'autre est toujours médire et calomnier. Médire est toujours calomnier et juger. Nous portons par là atteinte au commandement du Christ et à Dieu lui même.
Jean Calvin a donné un commentaire de ce passage. Ce commentaire a été publié à Genève en 1550 en français, avant d'être écrit en latin (une première):
"Comme nous voyons le mal que se donne Jacques à corriger cette envie de médire. Car l'hypocrisie est toujours présomptueuse et nous sommes naturellement hypocrites, nous exaltant naïvement en calomniant les autres. il y a une autre infirmité propre à la nature humaine: chacun voudrait que les autres vivent selon ses propres volontés et ses fantaisies. C'est une présomption que Jacques dénonce avec pertinence dans ce passage, car nous osons imposer à nos frères notre propre règle de vie. Il prend pour médisance et "détraction" tout propos calomniateur et tout agissement suspicieux qui découle d'un jugement dévoyé et hostile. Le mal de la médisance a un large spectre, mais Jacques pense ici à cette forme particulière de médisance quand nous estimons dédaigneusement les actes et les paroles des autres, comme si notre humeur grincheuse faisait force de loi, quand nous condamnons avec assurance ce qui ne nous plait pas". Jean Calvin.
Denis Prizé
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