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Église Protestante Unie Manche Sud

Blog d'actualités des églises de la Manche (Sud) Saint-Lô | Granville | Agon-Coutainville Suivez-nous également sur Facebook !

"La voie de l'avenir t'est ouverte"

Publié le 4 Septembre 2013 par Association cultuelle de l'Eglise protestante unie de Saint Lô-Manche Sud. in culte

Voici la prédication proposée par nos amis Beate et Peter Schefflers au temple de Jullouville, le 25 août 2013:

Evangile selon Jean, chapitre 9, l'aveugle né.

Chers soeurs, chers frères,

Pourquoi cet homme est-il né aveugle?

C'est la question que posent les disciples à Jésus lorsqu'ils croisent un aveugle.

Et ils donnent eux-mêmes la réponse: Il ne peut en être autrement: Cet homme ou ses parents ont péché, et il est né aveugle.

Or cette affirmation n'a pas de sens dans le cas d'un aveugle de naissance. Comment un aveugle de naissance peut-il être responsable de son infirmité? Comment un bébé peut-il commettre un péché avant sa naissance?

Mais cette hypothèse des disciples semble également étrange en ce qui concerne les parents.

Quel rapport existe-t-il entre le péché et l'infirmité?

Chère assemblée,

Si nous prenons le temps d'y réfléchir, cette question des disciples concernant la culpabilité et la responsabilité en cas d'infirmité ou de maladie n'est pas si loin de nos préoccupations.

Ne disons-nous pas bien souvent qu'il existe un rapport entre notre mode de vie et la maladie?

D'où viennent donc les maladies que nous qualifions de maladies de la civilisation? ... toutes les insuffisances cardiaques, les maux de dos et les maladies de la peau, les cas de surmenage, les dépressions et certains cancers?

Ces maladies sont souvent liées à notre mauvaise hygiène de vie, au stress où une alimentation mal équilibrée, au tabagisme et à l'alcool, ainsi qu'au surpoids et au manque d'exercice physique.

Nous savons aujourd'hui que des troubles psychiques peuvent être à l'origine de maladies physiques: le tracassin peut nous rendre malades.

Il est alarmant de constater que dans les familles pauvres, les enfants sont plus souvent malades que dans les familles aisées. En outre, certaines maladies dites héréditaires surviennent plus fréquemment dans certaines familles.

Enfin, le public est régulièrement ému par les scandales environnementaux liés à la pollution aquatique et atmosphérique, ou aux radiations nucléaires qui provoquent des maladies souvent graves des années plus tard.

Et les disciples demandent: Qui a donc péché, cet aveugle ou ses parents?

Or, cette question en cache une autre: Comment la cécité peut-elle être évitée? Dans quelles conditions l'enfant serait-il né voyant?

Et nous nous demandons comment éviter nos maladies a priori?

Est-il bon d'attirer l'attention de tout un chacun sur les défauts de son mode de vie et de le rendre ainsi responsable de son destin?

Où devrions-nous au contraire secouer les responsables de la politique et de l'économie, qui sont aussi responsables des conditions insalubres?

Devons-nous nous battre pour améliorer la qualité de notre environnement?

Comment Jésus a-t-il répondu à la question de ses disciples au sujet de la culpabilité et de la responsabilité?

Sa réponse est surprenante; il dit:

Ce n'est ni cet aveugle, ni ses parents qui ont péché, mais les oeuvres de Dieu doivent se manifester en lui.

Dans la réponse de Jésus, il n'est question ni de culpabilité, ni de responsabilité. Il souligne qu'il s'agit de la rencontre de l'infirme avec Jésus, qui est le Messager du Père. Cette rencontre doit illustrer le pouvoir de guérir de Dieu.

Nous avons souvent du mal à comprendre nos souffrances, nos maladies et nos expériences de la dégradation de la qualité de la vie. Ou est-ce que nous pensons au fond que nous avons ce que nous avons mérité?

Nous sommes-nous laissé toucher par une mise en garde ou un appel à nous repentir de notre mode de vie?

Je veux parler des mises en garde telles que fumer moins, perdre du poids, bouger davantage, manger moins de viande, voire travailler moins pour mieux profiter des loisirs.

Ce n'est pas facile de changer son mode de vie, mais on change plus facilement ses habitudes s'il y a quelqu'un pour vous aider, quelqu'un qui vous dit:

Je suis près de toi, je t'accompagne, je t'accepte et je ne te quitte pas, même si tu ne me suis pas.

Mais tu peux oser, parce que je suis là pour te montrer comment faire.
Il nous est donc possible de changer notre vie de fond en comble, en rencontrant des gens qui puissent nous aider dans cette réorientation.
Nous voici revenus au texte de cette prédication.
Jésus s'adresse à l'infirme et se lance dans une démarche complexe au point d'en être gênante à nos yeux.
Il crache par terre et mélange sa salive avec un peu de terre, puis il applique ce mélange peu appétissant sur les paupières de l'aveugle.
Pourquoi Jésus agit-il ainsi? Est-ce parce qu'il n'a pas de meilleure solution? N'aurait-il pas pu guérir l'aveugle par une bonne parole?
Jésus guérit l'aveugle par le contact direct avec sa salive.
Cette rencontre intime va au-delà d'un simple échange verbal. C'est une rencontre et un contact réconfortants.
Les oeuvres de Dieu doivent se révéler en lui, dit Jésus, en s'approchant de l'aveugle. En lui parlant, il le touche et lui applique sa salive sur les paupières.
Ainsi, il met fin aux réflexions stériles de ses disciples au sujet de la culpabilité ou de l'innocence.
Quel est le bénéfice pour l'infirme, si la question du responsable de sa cécité ne se pose plus?
Toute condamnation le paralyse et le lie au passé, mais l'aveugle est orienté vers l'avenir par Jésus qui lui dit:
"Va jusqu'à l'étang de Siloé et lave-toi!"
Ces paroles de Jésus orientent l'aveugle sur une nouvelle voie. C'est à lui qu'il appartient de faire quelque chose: c'est la condition de sa guérison.
Dans notre histoire, la maladie et la santé ne sont pas des signes de culpabilité ou même de droiture.
Maladie et santé sont deux voies de Dieu avec nous. Il ne donne pas la santé en guise de récompense, ou la maladie en guise de punition. Dieu vient à notre rencontre dans les deux cas.
Toutes les maladies ne sont pas suivies d'une guérison. Mais pour chaque vie, une nouvelle perspective peut s'ouvrir dans la foi.
Dans les deux expériences de notre vie, Dieu veut nous appeler sur son chemin.
Peut-être pourrons-nous reconnaître un message marqué par notre mamadie.
Peut-être découvrirons-nous que cette infirmité ou cette maladie nous a permis de franchir une étape importante dans notre évolution.
Peut-être pourrons-nous dire, dans plusieurs années, voire plusieurs décennies, que cette souffrance a été pour nous une bénédiction.
Peut-être ferons-nous l'expérience de la grâce et apprendrons-nous à vivre avec nos manques et nos limites.
Peut-être serons-nous aussi sensibles à la souffrance d'autrui, et nous nous engagerons pour leurs besoins vitaux.
Peut-être pourrons-nous trouver à travers la maladie un nouveau sens à notre vie.
... Ou peut-être pas ?
Toutes les souffrances et les maladies ne connaissent pas une issue positive.
La souffrance fait partie de la vie et nous y sommes régulièrement confrontés. Il ne nous reste alors qu'à nous lamenter et à pleurer.
Et c'est bien quand nous pleurons en allant au devant de Dieu et des hommes, en soulignant ce qui nous oppresse. Nous poursuivons ainsi le dialogue avec Dieu et les hommes. Impossible de toujours trouver une réponse satisfaisante au sens de nos maux et de nos peines.
Mais nous trouvons toujours la réponse que notre cri est entendu par Dieu et parfois aussi par les hommes.
Et l'invitation de Dieu à l'aveugle: "Va, la voie de l'avenir t'est ouverte" vaut également pour nous.
Amen

Beate et Peter

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Nos deux chers prédicateurs venus de Bochum. Liebe "Christi Botschafter" (2 KOR, 5,20)

Nos deux chers prédicateurs venus de Bochum. Liebe "Christi Botschafter" (2 KOR, 5,20)

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