L'autre soir, nous poursuivions à Granville notre lecture du chapitre 14 de l'Apocalypse.
A partir du verset 4, le style du texte se fait plus emphatique, comme un hymne qui s'élève, avec trois répétitions : "ceux-là... "
Deux phrases négatives qui entourent une belle affirmation.
Commençons par les phrases à la forme négative. Les "rachetés" évitent deux choses:
-"ils ne se sont pas salis avec des femmes". Je sens les femmes du groupe légitimement gênées par la formulation. Encore un moment où on pourraît être piégé par la lettre et passer à côté du sens. La métaphore amoureuse court tout au long de la Bible pour qualifier l'alliance que Dieu passe avec Israël. L'idolâtrie est donc souvent comparée avec l'adultère ou la prostitution. ou pour parler comme l'Apocalypse: "oublier son premier amour". D'ailleurs le sens figuré s'impose, sauf à exclure à priori toutes les femmes et tous les hommes mariés des 144 000.
Les impuretés sexuelles liées à la sexualité conjugales sont d'ordre rituelles dans la Torah, pas d'ordre morales.
Celà étant dit, la virginité est-elle "un plus"? "car ils sont vierges" L'abstinence sexuelle voulue rend-elle plus disponible à Dieu? La question est posée. Personne n'y répond ce soir.
-"dans leur bouche on n'a pas trouvé de mensonge". L'idolâtrie est reniement. Quand le péril, la menace sont là, on peut être tenté de mentir: "je ne le connais pas". D'ailleurs comment ne pas comprendre face à la puissance d'un régime totalitaire, le vertige qui saisit et la possibilité de chuter et de mentir, en 95, en 1572, en 1940?
Ainsi l'idôlatrie qu'elle soit d'un empereur romain ou de toute autre idôle moderne (argent, pouvoir...) est toujours infidélité et mensonge.
Alors ces 144 000, une élite inaccesible, et pour tout dire décourageante pour ceux qui ne sont pas "irréprochables"?
Une question est posée: vous les protestants, honorez-vous les martyrs? Huguette rappelle le geste de marie Durand écrivant sur les murs sa résistance, ni infidèle, ni menteuse; Mais à quel prix?
Le centre de notre texte nous redonne du coeur: "Ceux-là suivent l'agneau". On retrouve ici la réponse à l'appel constant du Christ: "Suis-moi". Et c'est par ce compagnonage avec le Dieu-homme que nous pouvons être rachetés et que tout devient possible: retrouver une âme virginale, être de nouveau "vrai'.
Jolies prémices du royaume et du salut universel.
Denis Prizé.
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