"Quelqu'un dans la foule dit à Jésus: 'Maître, dis à mon frère de partager avec moi les biens que notre père nous a laissés'."
Luc 12:13
ειπεν δε τις εκ του οχλου αυτω διδασκαλε ειπε τω αδελφω μου μερισασθαι μετ εμου την κληρονομιαν
Cet incident sur la route de Jérusalem est rapporté seulement par l'Evangile de Luc. Un homme prend à partie Jésus et lui demande d'arbitrer une affaire d'héritage. Jésus refuse.
En cas de succession le droit hébraïque prévoyait que l'héritage était gardé en commun même si le fils aîné disposait du double de ses frères, à charge pour lui d'entretenir la ou les veuves et les femmes restées célibataires. Un des fils pouvait cependant demander sa part.
Pourquoi Jésus refuse-t-il d'être conciliateur ?
"Qui m'a établi pour être votre juge ou faire vos partages?" (Luc 12:14)
-Ce n'est pas sa vocation. Il ne veut pas endosser endosser ce rôle. "Jésus respecte la volonté de Dieu qui a fait de lui un prédicateur et non un juge" (Luther, sermon de 1523).
-Ce n'est pas le moment. Le temps des juges d'Israël est passé. Jésus refuse aussi de participer de ce temps cher aux Zélotes d'un messie venu régler des comptes.
-Comme la requête lui semble mal intentionnée (voir le verset suivant de mise en garde contre la cupidité), "l'honorer reviendrait à favoriser le démantèlement" (François Bovon). Or Jésus préconise le partage et non la division.
"L'Evangile pour lequel Jésus se bat est lui aussi un héritage, mais un héritage que l'on partage en le distribuant aux autres." (François Bovon).
Denis Prizé
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