
Ce dimanche 1er avril 2018, le culte de Pâques est animé par Denis Prizé. Aurélie joue du violon, Raphaël du piano. Le jeune Romain a sonné les cloches de Pâques. Gilles est à l'orgue. Michel dirige la chorale.
Trois passages bibliques ont été lus:
l'Ecclésiaste 9:4b-10, par Martine.
1 Thessaloniciens 4:13-14, par Delphine.
Marc 16:1-8, par Denis.
Prêcher sur la Résurrection est chose ardue. Car c'est dire l'indicible, penser l'impensable. Pourtant, je ne voudrais pas éluder, et aborder de front l'après-mort de Jésus. D'ailleurs si vous êtes venus ce matin ce n'est pas uniquement dans l'espoir de recevoir un œuf, ou pour écouter de beaux chants, ou par ce qu'il paraît que nous sommes sympas, les Protestants de Granville. Non, si vous êtes venus ce matin, c'est que l'événement de Pâques vous intéresse. Et comme je marche sur des œufs (de Pâques?) en méditant la Résurrection, il faut mieux suivre le texte de Marc. Jésus est bien mort et un premier sabbat est passé, puis commence le premier jour d'une nouvelle semaine. Premier jour sans Lui, première semaine sans Lui. pour nous, qui avons tous vécu un deuil, on sait combien ces recommencements sont cruels. Trois personnes sont mentionnées au début de notre récit, trois femmes (un autre évangéliste citera les paroles non dénuées de condescendance et de misogynie"des femmes nous ont bien dit"). Ces trois femmes: l'une est un peu connue, Marie de Magdala, les deux autres sont des inconnues, Marie mère de Jacques, et Salomé. Ce ne sont pas des figures de premier plan du christianisme primitif. Pourtant ces femmes sont les témoins d'une chose si capitale (l'annonce de la résurrection) qu'en toute logique, on pourrait dire que les femmes devraient avoir dans nos Eglises une place centrale. Ces femmes sont encore dans la logique de la mort, elles veulent accomplir un devoir funéraire: oindre le cadavre d'aromates. En principe, cela se fait avant l'ensevelissement, mais les circonstances de la mort ont été particulières: une exécution, la fête de la Pâque juive, le sabbat. Elles se demandent, un peu tard: "qui va rouler la pierre?" On peut lire cette question littéralement, mais on peut aussi la comprendre spirituellement: "Qui roulera la pierre de nos tombeaux? ". L'Ecclésiaste faisait ce constat triste: "Les morts n'auront plus jamais part à tout ce qui se fait sous le soleil". Oui, c'est une pierre très grande que celle qui ferme nos tombeaux. La mort est une porte qui se ferme et ne se rouvre pas. Pourtant la pierre est roulée... (suite très vite).
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